Une action humanitaire transformatrice

Florence Bourg Action, Hiver 2021, M'engager

Temps de lecture: 3 minutes

En 2012, après plusieurs mois de préparatifs avec une petite équipe de bénévoles rwandais, canadiens et français, j’entrepris un voyage humanitaire au Rwanda. L’objectif fixé était d’aider les jeunes adultes orphelins du génocide de 1994 à se réinsérer socialement grâce à la musique et la danse. J’avais pour cela communiqué avec l’organisme Playing For Change

PFC est un organisme regroupant des musiciens des quatre coins du monde pour diffuser un message de paix. Il appuyait à l’époque plusieurs projets et a été emballé par le nôtre. Impossible ici de raconter toute cette épopée! Je souhaite simplement partager en quelques mots et en images ce que j’ai ressenti dans ce pays aux mille collines qui a (encore) si mauvaise réputation. La splendeur du Rwanda et le sourire des enfants m’ont frappée et ce voyage m’a profondément transformée.

À nous de nous adapter

Lorsqu’on débarque sur le terrain, comme pour tout voyage signifiant, on essaye de laisser nos repères et a priori derrière nous. Et on n’écoute pas les recommandations de certains membres de la famille: «Fais attention aux machettes!». On doit s’adapter à des conditions souvent précaires: le téléphone ne passe pas partout, l’électricité manque parfois ainsi que l’eau chaude (la douche quotidienne est un gros luxe). Mais quelle surprise en arrivant à Kigali! Comparé à Haïti où j’étais allée après le séisme de 2010, les routes rwandaises étaient impeccables, neuves et lisses. Montréal avec ses nids de poule pouvait en rougir de jalousie. Kigali se montrait sous le jour d’une ville propre, sécuritaire et accueillante.

Un voyage humanitaire est exigeant sur le terrain, soit, tant physiquement que psychologiquement. Mais nous n’étions certainement pas là pour nous plaindre et faire des comparaisons: notre groupe de quatre représentait une force d’action censée apporter une amélioration aux conditions de vie d’un groupe de jeunes.

L’humilité de l’humanitaire

C’est là que le bât blesse: censés apporter un mieux-être, j’ai réalisé durant ce voyage que, portés par notre grand cœur, nous avions tout de même une certaine dose d’arrogance. Et quelqu’un nous l’a jeté en pleine face, avec une ferme consternation qui n’était pas mal intentionnée. Et qui n’avait d’autre but, je crois, que de nous réveiller.

Mes quelques expériences humanitaires m’ont passionnée et m’ont beaucoup appris. J’ai reçu plus que ce tout que j’ai voulu donner. En particulier au contact des enfants, rieurs malgré la pauvreté, naturellement généreux, sans jugement, et si enclins à ouvrir leur cœur avec spontanéité.

Photo de l'auteure en compagnie de 3 enfants prise lors d'un voyage humanitaire au rwanda

Ce que j’ai reçu de meilleur lors de ces deux voyages en Haïti et au Rwanda, c’est une sacrée bonne leçon d’humilité. Que nous soyons bénévole ou travailleur humanitaire, nous avons tout intérêt, pour que le projet réussisse, à placer systématiquement l’Autre au centre de notre intention.

«Tous les enfants devraient avoir une paire de bottes pleines de boue sous leur lit.»

– Général Roméo Dallaire

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Photos: Florence Bourg