Photo de voyage d'une homme japonais servant des boissons fraiches dans un parc

Voyage et magie avec la photographe Nadie Ostiguy

Eva Canac Marquis-Dumas Hiver 2020, Inspiration, Photographie

Temps de lecture: 5 minutes

Dans cette troisième édition du magazine Zenflo, nous vous partageons les photos et la démarche artistique de Nadie Ostiguy, une grande voyageuse pour qui photographie est synonyme de magie.

S’offrir un arrêt… sur image

Dans un contexte où la consommation accélérée d’images est valorisée, Zenflo souhaite faire la part belle à la photographie afin de célébrer le fait de s’arrêter pour admirer une image sous son angle artistique. Offrez-vous un moment de pleine présence. Prenez conscience du travail de l’artiste derrière la photo. Laissez-vous envahir par l’émotion…!

Photo à la une: vendeur de boissons fraiches dans le grand parc de Harajuku. Centre-ville de Tokyo, Japon.

Par ici la magie

Nadie est originaire de Granby, ville québécoise située dans les Cantons-de-l’Est. Vers l’âge de sept ans, elle développe un intérêt particulier pour la… magie! En effet, elle imagine de toute pièce des spectacles de magie et de théâtre qu’elle présente ensuite à sa famille.

Nadie fait ses débuts en photographie à l’âge de seize ans, alors qu’elle est étudiante au secondaire dans un collège de la Rive-Sud de Montréal.

«Quand j’ai découvert la photo, son processus de prise de vue et la révélation de l’image en chambre noire, c’est comme s’il s’agissait d’une autre forme de magie. L’impact de la lumière naturelle sur des particules photosensibles – chlorure d’argent – me fascinait.

Ça ne date pas d’hier, cette observation! d’ajouter Nadie. Aristote, au 4ème siècle avant J-C, parlait déjà de la camera obscura. Un savant perse, Ibn Al-Haytham, en donnait une description détaillée au 9ème siècle et Leonard de Vinci s’y est également intéressé.

Depuis la lanterne magique et ses spectaculaires périples fantasmagoriques d’itinérance jusqu’à l’instant où la lumière traversera la camera obscura, l’humain fut fasciné, précise Nadie. Cette même lumière qui imprègne l’image qu’elle projette sur des surfaces porteuses de sensibilité. L’instant décisif est alors fixé. Définitivement.»

Clichés d’Asie

En 1989, Nadie quitte le Québec munie d’un boitier Nikon FM2 et d’une lentille 50mm pour entreprendre un voyage de deux ans en Asie. Ci-dessous, un extrait du descriptif de son exposition, Soliloque, présentée peu après son retour, à l’Université de Montréal:

«Elle avait alors 23 ans lorsqu’elle entreprit, sur un coup de tête, ce voyage hors des sentiers battus en Asie. Ces deux années d’aventure spontanée furent ponctuées de brèves périodes d’emploi à Tokyo pour financer la suite du périple qui la guida en Indonésie, en Malaisie, en Thaïlande, en Inde, au Népal, à Hong Kong et en Corée du Sud.

Une mère et son enfant. Cliché sans focus automatique pris sur le vif. Le temps d’un arrêt en autobus dans un village près de Kuala Lumpur, en Malaisie. «Cette magie en photo… il n’y a pas de hasard. Et le N sur l’arbre… pour Nadie?»
[…] Soliloque [discours d’une personne qui se parle à elle-même, ou qui pense tout haut] est une présence face aux scènes de vies quotidiennes défilant devant l’objectif. Ce monologue de l’artiste nous propose un reflet de sa propre vie et de son expérience.»

Intuition et présence

Nadie suit son intuition. C’est elle qui la guide afin de saisir l’image au moment idéal.

«En général, je tente d’éviter trop d’intention…

C’est difficile à expliquer. C’est comme si la lumière, le sujet, l’environnement, tout à coup, étaient parfaitement équilibrés pour ma vision et mon ressenti.

Photo de voyage chemin ascension mont Fujiyama
Chemin d’ascension du Mont Fuji, point culminant du Japon avec ses 3 776 mètres d’altitude.

L’acte de photographier est à mon avis une forme de méditation en soi.

Il faut s’arrêter, observer et capter l’instant présent.

Il faut de l’âme dans une image, sinon ça demeure plutôt mécanique.

Là est le défi, à mon avis, pour faire de la photo intéressante. Capter l’âme du moment et le faire dans une lumière idéale.»

«Capter l’âme du moment et le faire dans une lumière idéale.»

Une femme aux multiples chapeaux

Nadie est aujourd’hui galeriste-propriétaire de l’Art’chipel et chef-propriétaire de l’Ilot, un restaurant végétarien sur la Rive-Sud de Québec.

Ayant moins de temps libre pour cultiver sa passion, elle souhaite se remettre à la photo, particulièrement au portrait argentique.

De la beauté, partout

«Je suis attirée par le portrait en général, surtout en noir et blanc, mais j’aime aussi tous les sujets qui se présentent sur mon passage, les lieux spontanés qui s’offrent à moi lorsque je me déplace.

Les photos en nature tous sujets confondus sont mes préférées. Peu importe où nous nous retrouvons sur la planète, c’est pour moi une source assurée d’inspiration et de beauté.

Créer des images abstraites à partir de sujets communs m’intéresse aussi. J’ai toujours eu une approche de type documentaire face à la photographie.»

La photo au service du bien-être

«La photographie, c’est beaucoup plus que prendre un cliché! C’est à la fois se découvrir et s’exprimer à travers l’art visuel.»

 ̶  Nadie Ostiguy

Portraits de photographes inspirants

Pour chaque édition du magazine Zenflo, diffusé quatre fois par an, nous mettrons en lumière un.e photographe inspirant.e, avec des photos, une biographie et une citation signifiante qui illustre sa démarche. Vous aimeriez qu’on parle de vous? Contactez-nous grâce au Courrier des lecteurs.

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