Photo de la classe de maternelle de Madame Gaetanne, enseignante formée en pédagogie Waldorf

L’éducation au bien-être dès la maternelle

Florence Bourg Action, Agir au quotidien, Automne 2020, Me former

Temps de lecture: 12 minutes

Une enseignante qui innove

Gaëtanne St-Hilaire est une enseignante de maternelle qui a vingt ans d’expérience au tableau et qui a décidé d’enseigner autrement. De la méditation à la communication bienveillante en passant par la permaculture. Tour du jardin.

Portrait de Gaetanne

Avec ses méthodes qui ont fait leurs preuves, Gaëtanne, qui enseigne à l’École Saint-Louis-de-Gonzague à Montréal depuis quatorze ans, incarne l’humilité et la bienveillance. Est-ce un défi pour elle de cultiver dans sa classe les valeurs qu’elle prône à travers ses méthodes pédagogiques inusitées? Quelles sont-elles et comment s’y est-elle prise pour les implanter dans ses classes?

Quelle est l’étincelle qui vous a motivée à innover?

Mon baccalauréat (trois ans d‘université) en poche, je me suis vite sentie dépourvue face à la réalité de l’enseignement. Il me semblait en effet que nous avions beaucoup d’enfants qui ne cadraient pas bien avec le milieu scolaire. De plus, je ne me retrouvais pas tout à fait dans les façons de faire de mon école. Notamment en ce qui a trait à la gestion des comportements difficiles, où l’on utilisait encore des approches basées sur le conditionnement «punition / récompense».

J’ai alors souhaité en connaître davantage, et j’ai ensuite décidé de me former à l’Institut Pégase à Chambly. Cela a complètement changé mon approche.

Pédagogie Waldorf

Dans la formation universitaire classique en enseignement, nous avons plusieurs cours de didactique, de gestion de classe et d’intervention face à des situations-problèmes. Il y a également un cours sommaire de psychologie, et évidemment plusieurs cours portant sur l’évaluation. La pédagogie Waldorf1 plonge rapidement les enseignants dans le questionnement, par ex. sur ce qu’est la nature humaine. C’est une approche holistique.

Les difficultés vécues par les enfants invitent l’enseignant à se questionner pour en trouver la cause et agir sur celles-ci. Un enfant difficile est souvent un enfant souffrant. On ne cherche pas à évaluer les enfants, mais à les accompagner dans leur développement. Cela fait toute la différence. Avec l’approche Waldorf, on en apprend beaucoup sur le développement de l’enfant, et cela ne se limite pas à ses différents stades psychologiques. En résumé, c’est une pédagogie qui s’adresse au cœur, au corps et à l’esprit des enfants.

Un enfant difficile est souvent un enfant souffrant.

Comment cette approche différente s’est-elle implantée dans votre pratique?

À petits pas. Ce qui m’a le plus interpellée dans l’approche Waldorf est le profond respect que l’enseignant accorde à chaque enfant. Je me suis donc mise à accueillir chaleureusement chaque enfant le matin, et à traiter toutes les situations avec cette valeur essentielle à mes yeux. Un enfant qui se sent aimé et accueilli collaborera davantage. Par mimétisme, il apprendra le respect et la bienveillance, envers nous, envers ses camarades et envers lui-même.

Un autre point très important est le développement de l’enfant dans sa globalité. J’ai donc ajouté davantage de jeux sensori moteurs (parcours, modelage, jeux d’adresse, jeux de doigts, etc.). De plus, comme j’enseigne avec des petits, j’ai regarni mon coffre à outils de chansons et de rondes, outils extrêmement utiles pour le développement du langage des enfants, la coordination, la mémoire, et le rythme. Ce sont des qualités indispensables à l’apprentissage de la lecture.

J’ai également exploité le puissant outil qu’est l’imaginaire de l’enfant, transformant ainsi tout l’aspect de la gestion des comportements difficiles. Quand un contexte ludique lui est proposé, l’enfant a beaucoup moins de comportements dérangeants.

Finalement, j’ai compris que, peu importe son âge, l’être humain a besoin de sens profond. Je me suis donc efforcée de trouver une façon d’enseigner qui apporte le plus de sens possible. Par exemple, lors des anniversaires, nous avons un rituel que les enfants adorent. Il s’agit d’une petite cérémonie toute simple, où chaque enfant est invité à offrir un secret rempli de douceur au jubilaire.

Quel impact vos méthodes innovantes ont-elles eu sur la dynamique de classe?

Je pense qu’enseigner dans le respect, la bienveillance et l’amour fait toute la différence. Comme les enfants apprennent en imitant, nos actions ont une bien plus grande portée que nos mots.

Au début de l’année, c’est peut-être un peu plus difficile pour moi que pour certains autres enseignants. Les enfants sont souvent conditionnés à obéir en fonction d’une récompense promise ou d’une punition anticipée. N’utilisant pas ce principe béhavioriste, je dois être patiente et amener doucement les enfants vers le respect.

Dès le début de l’année, j’utilise des allégories pour amener les enfants à élaborer les règles de vie de la classe et à en comprendre l’utilité. L’objectif de se comporter adéquatement n’est plus de recevoir un autocollant ou un bonbon, mais bien d’avoir du plaisir à être ensemble dans la classe.

Au final, cela a un grand impact sur l’évolution des enfants. Ils sont plus patients, plus tolérants. Ils apprennent à être bienveillants envers moi, leurs camarades, mais aussi et surtout envers eux.

Les enfants sont plus patients et tolérants. Ils apprennent à être bienveillants.

1 La pédagogie Waldorf développe «la pensée, le senti et la volonté» des enfants. Elle est fondée sur la philosophie de l’Autrichien Rudolf Steiner. Ses travaux, réalisés au début du 20e siècle, bien que parfois controversés, visent à faire découvrir aux élèves «un sens à la vie».

Selon l’Institut Pégase, Centre de formation de la pédagogie Waldorf, «il ne s’agit pas seulement “d’enseigner” des matières académiques ou des techniques de vie en société, mais bien “d’éduquer”, de favoriser de l’intérieur, une relation intime de son être avec le monde. L’homme est un être tripartite composé d’un corps, d’une âme et d’un esprit. Il possède en lui trois facultés psychiques qui ont toutes besoin d’être nourries, arrosées, renforcées: ce sont la pensée, le sentiment et la volonté.»

Précisément, quels outils et techniques utilisez-vous pour arriver à ce résultat?

Présence attentive

Un cancer m’a conduite sur le chemin de la pleine présence. J’ai séjourné au Village des pruniers en France. On y enseigne aux enfants et aux adultes à être pleinement présent à chacun de nos gestes du quotidien. Ce fut une révélation pour moi, et j’ai eu envie de partager cet outil très simple avec mes élèves. La présence attentive amène l’enfant à être davantage conscient de ce qui se passe à l’intérieur de lui, et peu à peu à diminuer l’agitation en lui. Bien que la pratique de l’attention n’ait pas pour objectif d’augmenter la performance, j’observe tout de même un effet positif sur les fonctions exécutives: moins d’impulsivité, meilleure mémoire et augmentation de la capacité d’attention.

Gestion des émotions et éducation à la paix

Depuis plusieurs années, j’utilise le programme Vers le pacifique pour enseigner aux enfants les principes de la communication non violente. Ce programme est vraiment intéressant: il amène tranquillement l’enfant à mieux se connaître, à reconnaître ses émotions et la façon de les vivre. Avec l’organisme de formation SEVE (Savoir être et vivre ensemble), nous avons eu un cours très intéressant sur la gestion des émotions. Manon Jean, une formatrice qui est aussi massothérapeute, a élaboré une approche très intéressante sur la gestion des émotions: la météo intérieure. C’est une belle façon d’imager tous les états que nous pouvons avoir à l’intérieur de nous. C’est un outil de plus pour aider les enfants à mieux vivre ensemble.

Le toucher bienveillant

En début d’année, je présente des mouvements d’auto massage aux enfants. Ils apprennent que le toucher est bienfaisant. Avec le temps, les enfants sont invités à pratiquer les mouvements appris sur un camarade de classe, avec toute leur attention dirigée vers le bien-être de l’ami. C’est un moment que les enfants adorent, et qui amène une ouverture à l’autre et une sensibilité accrue face à ce que l’autre peut ressentir. Il y a aussi de grands moments de rigolade à travers les différents jeux proposés.

Pédagogie de la coopération

Notre monde valorise encore beaucoup la compétition. Celle-ci a des aspects positifs pour certains, alors que pour d’autres, les effets auront un impact négatif sur l’estime de soi. Pour ma part, mes observations du monde végétal me permettent de constater qu’il y a énormément de coopération au sein des écosystèmes naturels, et ce travail de coopération me fascine. J’aime inviter mes élèves à faire de leur mieux et non à chercher à être les meilleurs. J’encourage l’entraide par l’organisation d’ateliers et de jeux coopératifs. Le travail de coopération favorise notamment le développement des habiletés sociales, si importantes à la maternelle.

Je m’appuie aussi sur les allégories de Michel Dufour, pour amener les élèves à mûrir certains concept reliés justement à ces notions de compétition et coopération.

Éducation à l’écocitoyenneté

Pédagogie extérieure et jardin pédagogique

Autre élément primordial: je les emmène très souvent à l’extérieur. Les enfants ont besoin de bouger, de respirer le grand air.

Ma formation première est en biologie et en écologie. Avant d’être enseignante, j’ai animé des ateliers pour les jeunes au Jardin botanique de Montréal. Il m’est donc tout naturel, de sortir dehors et de partager ma passion des écosystèmes avec les enfants. Un jour, un parent m’a suggéré de soumettre mes idées à la ville, qui a accepté de nous octroyer une subvention pour installer des bacs de jardinage et un composteur rotatif dans la cour d’école. À partir de ce projet pilote, les enfants expérimentent les principes de la permaculture2 (la complémentarité entre les plantes, telle qu’on la retrouve dans la nature).

Alors, été comme hiver, nous allons quotidiennement dehors. Que ce soit pour des périodes de jeux libres, des ateliers de sciences de la nature ou d’art éphémère, une sieste, de la lecture, du yoga, de la glissade ou du patin, on est au rendez-vous pour prendre un bon bol d’air frais! Les enfants ont besoin de bouger, de respirer le grand air, de se reconnecter avec la nature.

À titre d’exemple, nous avons mis en place des activités pour connaître les besoins des végétaux, réalisé une platebande à l’extérieur de la cour destinée à attirer les insectes pollinisateurs. L’hiver, on fait les semis en classe. Au printemps, on transplante au jardin et on plante des vivaces indigènes. En septembre, je propose des activités de découverte autour du jardin et on goûte différentes plantes comestibles, parfois sous forme de tisanes. Les bulbes sont plantés à l’automne, les résidus du jardin sont compostés, et c’est aussi à l’automne que nous préparons les hôtels à insectes.

Toutes ces activités renforcent l’idée que la nature est ingénieuse. Les enfants saisissent que dans la nature, tout est transformation et renaissance. Qu’apprendre à la connaître mieux et à vivre en contact avec elle est une grande source de joie et de paix intérieure.

Si on amène les enfants à aimer passionnément le monde naturel qui les entoure, peut-être en ferons-nous des adultes plus respectueux de la planète qu’ils habitent?

Les enfants saisissent que dans la nature, tout est transformation et renaissance.

Plusieurs études ont sonné l’alarme. Les jeux vidéo et l’accès à toutes sortes de technologies de pointe font en sorte que tout le développement de l’enfant est touché. Qu’il s’agisse du langage, du développement moteur et neurologique ou de la socialisation. Le terme «déficit nature» a aussi fait son apparition dans la littérature récente. Pourtant, un enfant étiqueté comme «turbulent» peut devenir un leader positif dehors, alors qu’à l’intérieur il est le mouton noir. En classe, il va se faire souvent disputer, tandis qu’à l’extérieur il devient un moteur, un exemple. Cela contribue au rééquilibre.

Un enfant étiqueté comme «turbulent» peut devenir un leader positif dehors. (…) Cela contribue au rééquilibre.

Je crois beaucoup à la pédagogie extérieure. La nature favorise un certain respect des enfants les uns envers les autres. Il est vrai que nous avons la chance d’avoir un parc juste en face de l’école. J’enseigne dans un milieu choyé, j’en ai conscience. Beaucoup d’écoles sont situées dans des déserts de béton, des milieux plus défavorisés, où les enfants n’ont déjà pas toujours l’opportunité d’aller à l’extérieur avec leurs parents. J’aimerais tant que nos gouvernements agissent pour remédier à ça, en créant de grandes zones vertes autour des écoles!

Et vous animez aussi des causeries philosophiques
dès 5 ans?

J’ai suivi la formation SEVE pour offrir aux enfants des ateliers de philo et de pratique de l’attention. Dans un monde où l’information est si abondante, il me semble primordial que l’école éveille la pensée critique des enfants.

Cependant, je suis encore en recherche d’une formule adaptée aux élèves de cinq ans. De plus, en tant qu’enseignante, je trouvais que j’avais un biais de confirmation. Il m’est difficile de lâcher prise par rapport à mes objectifs pédagogiques. J’ai tendance à orienter, à chercher une finalité. Pour m’aider dans mon exploration, j’ai même fait intervenir la spécialiste en philo-création Nathalie Fletcher dans ma classe, mais j’ai encore des doutes.  Il faut dire que la philosophie pour enfant va un peu à l’encontre des principes de la pédagogie Waldorf. En effet, quand je vois un enfant qui a la bougeotte, je me dis que la philosophie pour enfants ne répond peut-être pas véritablement au besoin qu’il a de bouger et de jouer. La philo amène l’enfant dans son intellectuel, alors qu’en pédagogie Waldorf, on veut l’aider à ouvrir son cœur et à habiter davantage son corps.

En tant qu’enseignante, je trouvais que j’avais un biais de confirmation. Il m’est difficile de lâcher prise par rapport à mes objectifs. J’ai tendance à orienter, à chercher une finalité.

De plus, un enfant de cinq ans n’est pas au niveau cérébral; il est dans son imaginaire, dans le moment présent.

Aujourd’hui, j’y vais donc avec de petites causeries qui comportent des aspects de la philo pour enfant, sans pousser, et de façon intuitive. Selon l’approche Waldorf, on est dans le ressenti. Je garde donc une oreille attentive à ce qu’il se passe dans la classe. J’observe comment les enfants réagissent. Je mets davantage l’accent sur l’écoute des idées des autres, sur la richesse des différents points de vue, et surtout sur le respect de chacun et de soi.

Cependant, il est vrai que certaines années, avec des enfants légèrement plus vieux, il m’est arrivé de vivre des instants uniques, où les enfants avaient beaucoup de plaisir à énoncer leurs idées et étaient capables de rebondir sur les idées des autres de façon vraiment constructive.

Je mets l’accent sur l’écoute des idées des autres, sur la richesse des points de vue, et surtout sur le respect.

Finalement, de ma formation avec SEVE, ce qui me parle davantage est la pratique de l’attention.

Comment intégrez-vous la méditation à la routine quotidienne?

Je commence la classe avec un moment libre. L’enfant choisit ce qu’il a envie de faire. Par exemple, arroser les plantes, prendre un livre. Puis, on prend le temps de respirer ensemble. Je leur propose un cycle de quatre respirations accompagnées d’une phrase qui donne l’intention de la journée. La méditation, les élèves adorent ça!

On débute alors les activités du matin: se saluer, prendre les présences, chanter, faire des rondes. J’ai introduit une pratique que j’aime bien: c’est la cloche de pleine conscience. L’élève responsable de la journée en est le guide. Quand il trouve que le niveau d’agitation est trop élevé, il fait sonner la cloche trois fois: c’est le signal de s’arrêter et de respirer. C’est donc grâce à l’élève qui invite à s’arrêter au son de la cloche qu’on arrive à faire descendre le niveau d’agitation.

On prend le temps de respirer ensemble.

Qu’est-ce que ces méthodes pédagogiques innovantes vous apportent, à vous?

Une grande satisfaction. Après bientôt vingt ans en enseignement, je conserve ma passion intacte. Je pense que c’est grâce à toutes ces connaissances qui me permettent de toujours mieux comprendre les enfants, et d’avoir un plus grand sentiment de compétence. Je me sens au diapason avec mes élèves.

Si j’étais restée avec mon seul bagage universitaire, je ne serais pas l’enseignante que je suis. J’ai beaucoup lu, je me suis formée à plusieurs approches pédagogiques (Waldorf, Institut Pégase, SEVE, Wake Up Schools, Les Amanins, l’école du Colibri, Ferme pédagogique et agroécologique de Pierre Rabhi, également la pédagogie Montessori). Ma façon d’enseigner est l’amalgame de tout cela. J’ai une bonne capacité d’écoute, de m’ajuster à ce qu’il se passe en classe, de m’adapter à ce que les enfants sont et à ce qu’ils vivent. Et chaque année, je trouve que mes élèves sont les plus merveilleux que j’aie eus!

Bref, je me sens accomplie en ce moment, en pleine possession de tous mes outils et moyens. Le préscolaire est un lieu où l’on peut explorer, car il y a moins d’évaluations. Pourtant, il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte. Aujourd’hui, il y a par exemple l’enjeu des technologies qui prennent de la place même chez les tout petits. Alors je continue de profiter des formations qu’on nous offre pour aller plus loin dans ma pratique.

Enfant qui font la ronde dans cet article sur la pédagogie Waldorf.

Finalement, la philosophie de l’enseignement pour vous c’est… ?

Enseigner est un bonheur car tu continues d’apprendre toute ta vie. Tu es toujours en quête de ce qui se fait de mieux.

Un bon professeur, c’est l’art d’être un bon pédagogue, et cela vient avec beaucoup de recherches et des années de pratique. J’espère un jour que j’atteindrai ce stade d’accomplissement ultime.

Autrefois, les enseignantes de maternelle étaient appelées des jardinières. C’est un très beau terme. Les parents nous confient ce qu’ils ont de plus précieux, leurs enfants. Ce sont de petites graines fragiles et c’est la qualité des soins que nous leurs apporterons qui aideront ces enfants à devenir des êtres magnifiques.

Nous sommes des jardiniers et jardinières.

2 En agriculture, la permaculture cherche à stimuler la diversité. Elle est efficace sur une surface réduite (bio intensif). Elle tente de reproduire les écosystèmes naturels en utilisant notamment la complémentarité et la synergie entre les plantes et en s’inspirant des sept strates de la forêt.

Sources et références:
Institut Pégase
Association pour la pédagogie Waldorf au Québec
Pédagogie Waldorf en France
SEVE international
SEVE Formation Canada

Crédit photos: Gaëtanne St-Hilaire

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